07 septembre 2010 - 14:28
Les fonds sous-marins de la Principauté cartographiés
Mission accomplie ! L’Essor, navire de remorquage spécialisé dans les relevés sous-marins a sillonné de samedi à lundi, les eaux territoriales monégasques. Le but : réaliser une cartographie et une topographie précises des fonds, afin d’enrichir par la suite l’écosystème du littoral à l’aide de récifs artificiels. Explications.
Par B.Ulrich
C’est avec deux jours d’avance que l’Essor a bouclé sa mission. Pas forcement impressionnant ce navire a réalisé pourtant un travail de grande précision pour le département de l’Equipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme. Il s’agissait de réaliser une cartographie et une topographie des fonds du littoral monégasque. « Nous voulions une information exhaustive et homogène, précise Cyril Gomez, directeur de l’Environnement, cette mission a aussi pour vocation de mettre en évidence les zones de biocénoses remarquables et de déterminer la nature de la couche de sédiments superficiels ; des informations essentielles pour la gestion du littoral ».
Cette première étape concernait les fonds entre 15 et 100m, en octobre un bateau plus petit analysera ceux situés en 0 et 15m. Enfin des plongeurs iront confirmer de visu les relevés.
Pour cette phase, l’Essor a dû s’adapter à l’environnement spécial de la Côte d’Azur : « La circulation des bateaux est très dense dans cette zone, confirme Benoît Fraleu de la société Copetech SM, aussi pour travailler tranquillement, nous avons décidé de réaliser les relevés de nuit. Du coup on a fini plus tôt que prévu ! » Le navire a ainsi « saucissonné » la surface en bandes régulières, exigeant une navigation précise et constante. « On a droit à une erreur de profile de 5m maximum ! » souligne l’hydrographe. Le matériel à bord relève de la haute technologie, c’est d’ailleurs avec ce type de sonar que le Titanic a été découvert. Ici, seule la carcasse d'un vieil hydravion datant de la dernière guerre et bien connu des amateurs de plongée a un peu surpris les spécialistes !
des sonars ultra précis ont été nécessaires.
Des récifs pour la biodiversité
Les résultats seront ensuite analysés et affinés car ces connaissances seront par la suite exploitées dans la cadre de la politique de biodiversité du gouvernement. Si des zones telles que la réserve du Larvotto possèdent un écosystème remarquable, ce n’est pas le cas d’autres parties du littoral. « Nous souhaitons augmenter la biomasse et la biodiversité des fonds or certaines zones sablo-vaseuses ne sont pas facilement colonisables » rappelle Cyril Gomez. La solution, ce sont des récifs artificiels sur lesquels la vie s’installe. « Dès l’année prochaine nous allons définir le design c'est-à-dire la matière et la forme de ces structures qui seront faites sur-mesure. Nous allons également choisir des espèces qui n’aient pas d’impact sur l’environnement existant. »
Au final, les espaces concernés devraient se situer entre la réserve du Larvotto et le Portier à une profondeur comprise entre 0 et 60m. Un projet de longue haleine qui se déroulera sur 4 ou 5 ans. Mais la richesse sous-marine de la Principauté vaut bien ça et ce ne sont pas les amateurs de plongée qui diront le contraire !