L’outil monégasque de statistiques se modernise. En cette fin d’année 2011, l’Institut Monégasque de la Statistique et des Etudes Economiques, IMSEE, vient de publier le PIB 2010… L’occasion donc de détailler ce chiffre sur monaco.mc !
Pour l’année 2010, le Produit Intérieur Brut en valeur (prix courants) est de 4,13 milliards d’euros contre 4 milliards en 2009. Le taux de croissance, calculé sur le PIB corrigé de l’effet inflation est de + 2,47%. Ce chiffre illustre une reprise de l’économie en 2010, après une année 2009 en repli de -11,45%.
En ce sens, il est cohérent avec les performances des pays de l’O.C.D.E. durant cette période : UE à 15 : +1.8%, UE à 27 : +1.8%, Suisse : +2.6%... Toutefois, il convient de prendre ce résultat avec toute la prudence nécessaire compte tenu du contexte 2011 et des perspectives de croissance internationale faibles voire négatives pour 2012. Malgré cette progression de 2,5 points, le niveau du PIB en valeur (4.13 milliards) n'a pas rattrapé le niveau antérieur à la crise - qui avait atteint 4.49 milliards en 2008 -, ni même celui de 2007 (4.36 Milliards). Ce retour à la croissance économique pour 2010, ne constitue pas pour autant un gage de croissance durable et solide pour 2011 et 2012. L’incertitude économique internationale rend toute prévision hasardeuse. Avec six années de recul sur le calcul du PIB, on peut dire aujourd’hui que deux facteurs influencent la tendance de cet agrégat en Principauté : le premier est constitué par le contexte économique international : Monaco s’inscrit dans la tendance des économies européennes !
Le second tient à la nature même du territoire et de l’importance des performances de certains intervenants économiques locaux qui occupent un poids important : les résultats des grosses sociétés ont un impact direct et visible sur les résultats économiques nationaux. Ils rendent par conséquent le PIB monégasque plus volatile que dans d’autres pays. Ce dernier point commande d’interpréter les évolutions du PIB par secteur avec prudence. Tous les secteurs de l’économie monégasque ont progressé hormis ceux de l’hôtellerie -12,4%, de l’immobilier -5,3%, des postes-télécom -14,5% et des administrations -1%. Les PIB des secteurs du commerce de gros et de détail ont augmenté respectivement de 9,2% et 10,9%. Ces évolutions contraires font à présent des activités du commerce (détail et gros) des secteurs plus importants dans le PIB que ceux de l’hôtellerie et de l’immobilier et qui étaient historiquement plus créateurs de richesse (au sens du PIB). Le repli de -12,35% enregistré par le secteur de l’hôtellerie a été amplifié par l’effet négatif de la baisse de la TVA en année pleine (le passage de 19,6 à 5,5% a pesé sur les recettes fiscales générées par le secteur hôtelier).