Après trois soirées d’examen et de débats parfois houleux, le conseil national a voté la loi de budget rectificatif 2011. L’occasion pour les élus de faire le point face au gouvernement sur de nombreux sujets. Quelques exemples…
Avant même d’entamer l’examen du budget rectificatif, la rénovation du marché couvert avait alimenté les discussions en Principauté. Le report de la rénovation de la halle par le gouvernement a créé des remous qui se sont poursuivis au cours des séances publique de l’assemblée. De nombreux élus se sont émus de voir ce lieu symbolique de la vie monégasque touché par les restrictions budgétaires, arguant de sa participation à l’attractivité de la Principauté. L’opposition de R&E par la voix de Christophe Steiner allant jusqu’à proposer au gouvernement de reporter la livraison du futur Conseil National. Solution rejeté par l’exécutif mais le Ministre d’Etat a promis une poursuite du dialogue avec le maire et les commerçants ainsi qu’une réflexion plus large sur l’orientation de cet espace.
Autre polémique, les tarifs portuaires. La SPEM (Société d’exploitation des ports de Monaco) avait envisagé une augmentation importante de ses tarifs, jusqu’à plus de 400% en trois ans pour des embarcations de 12 mètres ! Si les Monégasques bénéficiaient déjà d’une ristourne de 75% afin de maintenir la tradition familiale, les élus se sont fait leurs porte-paroles et semblent avoir été entendus. Non seulement la catégorie petite plaisance englobera des embarcations jusqu’à 18 mètres, mais l’évolution des tarifs devrait être limité à 50% sur 3 à 4 ans.
La question du contrat habitation capitalisation, qui permet aux Monégasques d’acquérir leur logement domanial, a été aussi soulevée. Le sujet : le pourcentage d’apport initial de 15% du prix qui est actuellement imposé. Après discussions, le gouvernement s’est engagé à réduire cette proportion dans une fourchette comprise entre 10 et 15 %.
Les conseillers nationaux se sont réjouis de la revalorisation validée par le gouvernement des salaires des fonctionnaires et des pensions de retraite pour rattraper le taux d’inflation. En revanche, ils se sont montrés moins bienveillants à propos de la place des monégasques sur certains emplois notamment à la SBM. Michel Roger a souligné en guise de réponse que les Monégasques bénéficiaient des emplois les plus rémunérateurs et occupaient de nombreux postes de directions.
Bref cet instantané de la situation monégasque fut riche d’enseignements mais un peu gâché, une fois encore, par les échanges acrimonieux entre les différentes composantes de la haute assemblée. Si l’un accuse l’autre d’attaques personnelles et inversement, c’est bien les Monégasques les premières victimes de ces joutes inutiles. Pour être tout à fait honnête, notons tout de même que tous les élus ne s’embarquent pas dans cette dérive, ouf !
Cependant les élections sont pour 2013, une échéance qui risque de sembler très très longue à venir…