01 décembre 2009 - 00:00
Monaco 2029 : 55 propositions pour un nouveau modèle de développement
Après 9 mois de travail, les membres du groupe de réflexion Monaco 2029, mis en place par le Conseil National, ont rendu leur copie. Un Livre Blanc résultat d’une analyse globale de la Principauté, ses atouts, ses faiblesses, afin de dessiner les contours du futur. Mais ces éminences grises ont aussi voulu intégrer 55 propositions concrètes. Le but : permettre à Monaco d’être l’acteur de son propre destin.
Par Benoît Ulrich
C’est lundi que le groupe de travail Monaco 2029 a présenté au Prince et au gouvernement son Livre Blanc. Un document de 50 pages qui analyse la situation actuelle de la Principauté pour penser et anticiper son futur. La méthode : un groupe de réflexion composé de spécialistes du monde économique et financier chargés de faire émerger des idées et des projets. Place ensuite à un comité de validation, composé du président et du vice-président du Conseil National ainsi que d’autres personnalités de références du domaine économique et financier. Leur conclusion ? Monaco doit changer. Le modèle qui lui a si bien réussi au cours des 50 dernières années, basé sur l’industrie, le luxe et le tourisme ne serait plus suffisant face au monde contemporain en perpétuelle et rapide évolution. Comme point de départ de leurs réflexions, le groupe s’est notamment appuyé sur le discours d’avènement du Prince Albert en 2005 qui a montré là tout son caractère visionnaire. Mais aussi sur le célèbre outil d’aide à la réflexion stratégique SWOT acronyme anglais pour Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats et qui résume l’état des forces, faiblesses, opportunités et menaces qui caractérisent Monaco. De là des débats riches et animés ont nourri les spécialistes, des acteurs des mondes économiques et sociaux ont été consultés, et les différents membres ont également, de façon plus informelle, échangé avec leurs propres relations afin d’alimenter leur pensée. « C’est forcement subjectif mais c’est important précise Bernard Pasquier, coordinateur du groupe de réflexion. Au final ce sont six axes stratégiques qui ont été identifiés correspondant à « des tendances lourdes » sur lesquelles la Principauté doit imaginer un nouveau modèle de développement. Pour chacun de ces axes, des propositions concrètes ont été imaginées. « Cela nous a permis d’illustrer ce à quoi nous avons réfléchi » glisse Jean Mendelbaum chargé de la coordination. Des propositions pas forcément réalisables mais qui donnent la direction à suivre.
Des idées et des projetsAlors ses grandes orientations quelles sont-elles ? La première s’est imposée physiquement : l’exiguïté du territoire. Une contrainte qui a forcé les souverains tels que Charles III ou Rainier III à imaginer une autre façon de se développer avec aujourd’hui la nécessité, plus évidente encore qu’avant, de favoriser les activités à très fortes valeurs ajoutées. Pour cela, des structures de financements efficaces, basées en Principauté, devraient être encouragées. Deuxième priorité : la meilleure implication des Monégasques et des enfants du pays dans la création de richesses: éducation, opportunités adaptées aux jeunes diplômés, incitation à un esprit plus entreprenarial etc, les propositions ne manquent pas. Autre base d’investigation, l’attractivité. La Principauté, de part son alignement progressif sur les standards internationaux va devoir se passer, entre autres, d’une partie de son activité offshore (par exemple les comptes basés à Monaco mais détenus par des personnes non-résidentes). Le groupe propose d’encourager la venue de nouveaux résidents fortunés qui s’impliqueraient plus dans l’économie du pays. Bref, un attrait autre que fiscal. Exemple de propositions concrètes : la création d’un Business Center reposant sur des technologies d’avant-garde, écologiques et fonctionnelles, susceptible d’accueillir des sièges sociaux d’entreprises de haute technologie. Autre axe d’analyse, l’extension de la zone économique monégasque en impliquant plus fortement les communes limitrophes. Un espace commun sous-exploité, susceptible d’accueillir d’avantage d’échanges et de richesses. Et pour éviter la saturation de l’espace, le télétravail pourrait être développé et facilité. Quatrième sujet de réflexion : la gouvernance. Mieux communiquer, faire en sorte que l’administration tout comme les banques soient à même d’accueillir de façon optimale les nouveaux arrivants ou encore favoriser l’émergence de structures garantissant une qualité « made in Monaco », telles sont parmi d’autres, les idées qui émergent. Enfin dernier sujet sur lequel s’est penché le groupe de réflexion : « quel modèle économique pour Monaco ? ». La réponse est plus un développement de la question même si les experts préconisent une plus grande liberté pour les entrepreneurs mettant en exergue la trop grande concentration de certaines activités, nuisible selon eux, à la concurrence et au dynamisme de la Principauté. Bref au final une somme de propositions pour nourrir et inspirer le débat. Certains points seront sûrement critiquables, discutables ou irréalistes mais les auteurs s’en réjouissent. Car leur but, c’est bien de susciter des échanges fructueux pour aider la Principauté à innover. C’est maintenant à l’exécutif d’exploiter ce concentré d’idées et de l’enrichir. Et comme le cite Stéphane Valeri à la fin de son introduction, Keynes formulait déjà la complexité des réformes en une phrase : « La difficulté n’est pas tant de développer de nouvelles idées que d’échapper aux anciennes ».
Le Livre Blanc de Monaco 2029 à télécharger
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