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06/02/10 - 12:01
Mirrors of the Magic Muse : femmes modèles !


Jusqu’au 28 février, la Direction des Affaires culturelles de Monaco vous propose une immersion totale dans le monde d’Amadeo M.Turello… Une plongée dans l’art photographique au féminin, grandiose, dense, documentée bref un must pour ce week-end. L’histoire d’un photographe amoureux et curieux du travail d’autrui. Mirrors of the Magic Muse, la passion forte pour un sexe pas si faible…



par Nicolas Massa

300 photos ornent jusqu’au 28 février les murs de la Salle du Quai Antoine 1er. Un répertoire considérable, colossal même, qu’il faudra certainement visiter plus d’une fois pour le digérer afin d’en toucher l’infime essence. La ballade s’effectue dans un ordre chronologique. Ainsi, on passe avec délice les différentes époques, techniques et photographes qui ont immortalisé la femme. Un départ dans les années 30 chez les pictorialistes, artistes s’ignorant encore où vous pourrez remarquer l’immense travail de la photogravure. Le grain fort sur teinte sépia reste un must vintage et il semble particulièrement difficile de bouder son plaisir en se postant devant les travaux avant-gardistes de Frankisek Drtikol immortalisant la beauté charnue des femmes post années folles. On s’émerveille également devant les photos d’Edward Weston qui, en 1936 s’exerce, teste, expérimente les balbutiements de l’argentique. Il en ressort un nu géométrique où les jambes longilignes s’emparent d’un corps recroquevillé. On remarquera l’étonnant travail d’Horst P. Horst qui, déjà, en 1938 interrogeait l’abstraction figurative pendant que Frida Kahlo se faisait tirer le portrait en triptyque par Alvarez Bravo… La femme belle, splendide se fait également l’écho de la place sociale qu’elle occupe à travers le monde. Loin des sophistications européennes, du désir quelles incarnent, une photo d’Henri Cartier Bresson vient briser cet équilibre glamour. 1948, le jeune photographe traine son Leica dans les montagnes du Kashmir. Il immortalise alors quatre femmes en burka, sorte de spectre perdu dans l’immensité Pakistanaise. On les voit également reines à Madagascar, portées en triomphe et adulées près des rives de St Augustin.





Transgression esthétique 
Plus loin, les années 50, le mythe Monroe et son jupon volant photographié par Bruno Bernard symbolise l’idée instantanée inhérent à la pratique de cet art alors que plus loin, lors de la même décennie, d’autres commencent à construire et penser un cliché comme un tableau impressionniste. Vous resterez certainement scotché devant « California » d’Eliott Romano Erwitt : profondeur de champ, mise au point précise, composition chiadée, on vous laisse découvrir !
Les 70’s se teintent forcement d’érotisme. Liberté et mouvance des pensées oblige on consomme le sexe, la femme se libère des carcans et Helmut Newton érotise ses prises de vues. Pauses lascives, explicites contrastées par l’intervention plein champs d’objet ménager. Un pur délire, un grand plaisir ! Belle transition pour passer du côté adulte de l’exposition. Scènes lesbiennes noirs et blancs pour Tony Ward au grain fort mais subtile, Jean Baptiste Mondino et son célèbre Underground Angel ou encore la magnifique série d’Alice Springs : « Les deux amies ». Photos à l’effet volé où deux brunes pulpeuses aux seins nues s’embrassent sans tabou. On remarquera également l’intéressante vision de la geisha 80’s par Hideki Fuji ou encore la réflexion photographique masochiste de Ryan Michael Belly : perverse au regard sombre, sujet de terreur mais de désir profond…
C’est donc un simple aperçu dont nous vous parlons dans ces quelques lignes. L’exposition couvre une période gigantesque qui vous permet d’apprécier la simplicité touchante et enivrante des premiers clichés en passant par l’hyper transgression esthétique contemporaine. Un travail de passionné, méticuleux à ne surtout pas louper !








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