La Fête Nationale s’est conclue jeudi soir avec le lancement de la saison de l’opéra de Monte-Carlo au Grimaldi Forum. Si les smokings et les robes de soirée étaient de rigueur dans le public, sur scène, les costumes ne manquaient pas non plus d’éclat. Le
de Puccini, mis en scène par Chen Kaige, une vraie bonne idée !
Les tintements des bijoux et des médailles étaient les premiers à se faire entendre jeudi soir à la Salle des Princes pour la soirée de gala de la Fête Nationale. Sur son 31, le tout Monaco avait répondu présent pour un opéra qui s’annonçait chatoyant.
Turandot, l’histoire d’une princesse Chinoise, prête à toutes les atrocités pour ne pas être conquise. Les prétendants doivent en effet répondre à trois énigmes pour l’épouser mais en cas d’échec c’est la décapitation ! Bien entendu, un prince aux nobles sentiments se jouera des devinettes après au moins une mesure de réflexion musicale et saura embraser le cœur de la belle. Mais ce mélodrame, tiré d’un conte médiéval perse, nous envoûte par son côté légendaire et onirique. Les personnages secondaires dont les savoureux ministres Ping, Pang et Pong autorisent de malicieuses répliques. Ajoutez à cela des chœurs splendides et vous avez là tous les ingrédients pour un vrai beau spectacle. Et l’on ne fut pas déçu. Le réalisateur Chen Kaige, à qui l’on doit le splendide Adieu ma concubine, palme d’or à Cannes en 1993, réalise une mise en scène de toute beauté : respectueuse de l’oeuvre tout en y distillant sa poésie évanescente. Pour le seconder, le Chinois s’est entouré de compatriotes et de toute évidence, même si l’époque est imaginaire, on n’est pas dans une Chine de pacotille. Constitués pour l’essentiel d’un élément de palais se découpant sur un fond bleu uni, les décors restituent toute la magie de l’Extrême-Orient. Quant aux costumes, brillants de milles feux, ils possèdent la force et l’éclat de l’empire du Milieu. Sans oublier les figurants et le chœur pléthorique. Du divertissement haut en couleurs donc, parfaitement maîtrisé, sublimé par la partition de Puccini. Car si l’histoire se déroule à un rythme plutôt soutenu, le compositeur ne s’est pas privé de certaines audaces stylistiques et harmoniques. Et l’on se régale. À la baguette, Jacques Lacombe était impeccable et les interprétations se sont révélées de très belles tenues. Fabio Armiliato dans le rôle de Calaf était des plus convaincants, quant aux trois ministres, portés par trois jeunes chanteurs plein de fougue, ils ont séduit par leur jeu tout en légèreté. Côté féminin, les personnages de Turandot et Liu, portés par Sylvie Valayre et Daniele Dessi étaient également à la hauteur de l’évènement même si l’on a pu regretter un petit manque de souffle mélodramatique dans la scène du suicide. Au final tout de même, on a vécu un vrai moment de magie, où lyrisme et poésie se sont posés sur une Principauté en fête.
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Autres représentations les dimanche 22 novembre à 15h et mardi 24 novembre à 20h, Salle des Princes du Grimaldi Forum Monaco.
Renseignements et locations du mardi au samedi de 10h à 17h30 : 98 06 28 28 ou 98 06 28 29.