En cette année de la biodiversité, la Principauté entend mener à bien des actions concrètes en matière de protection des essences et des espèces. C’est pourquoi la Fondation Prince Albert II, en partenariat avec l’association MC2D, a décidé de lancer « Monaco s’engage contre la déforestation » pour promouvoir l’utilisation, à Monaco, de bois issus de forêts gérées durablement. Détails.
| Equatorial Rainforest-© Cyril Ruoso |
On le sait. Les forêts tropicales humides constituent non seulement les principaux poumons de la planète, mais encore, elles renferment, selon les spécialistes, au moins 75% de la biodiversité terrestre. Autant dire que ces bijoux de verdures doivent être protégés. C’est en substance, l’intention de la nouvelle action engagée par le Fondation Prince Albert II en partenariat avec MC2D. Intitulée « Monaco s’engage contre la déforestation », elle a pour but de promouvoir l’utilisation de bois issus de forêts gérées durablement. C'est-à-dire l’inverse de ce qui se fait encore trop souvent. Un massacre arboricole qui laisse la forêt exsangue, balafrée et finalement appauvrie. Bien entendu, ce combat n’est pas nouveau pour la Principauté. Peut-être encore moins pour le Prince lui-même qui parraine la campagne « un milliard d’arbres » du PNUE depuis plusieurs années. On l’a aussi vu participer à plusieurs reprises à des actions de reboisement des zones forestières voisines de Monaco, initiées par l’Association Monégasque de la Protection de la Nature en collaboration avec l’Office National des Forêts français. Autre action, mise en place par le Gouvernement cette fois, qui pour ses opérations de constructions domaniales, mène une politique d’achat responsable en préconisant dans ses cahiers des charges l’usage exclusif de bois certifiés FSC (Forest Stewardship Council). Ce label extrêmement complet s’attache non seulement à ce que la forêt exploitée le soit de façon durable en contrôlant les essences et l’âge des arbres abattus, mais préconise aussi le respect des lois, celui des populations autochtones, des ressources hydriques…. Pour finir, le FSC exige également une traçabilité tout au long du parcours de transformation. Les usines et les entreprises de distribution sont ainsi également intégrées dans ce processus garantissant un bois « durable » d’un bout à l’autre de la chaîne.
| Baka Pygmy Encampment-© Cyril Ruoso |
Lors de la première table ronde réunie jeudi 28 janvier à Monaco dont l’objectif était de promouvoir l’utilisation de bois certifié en Principauté, Bastien Sachet, Responsable de TFT (The Forest Trust) organisation à but non lucratif qui aide les entreprises à se faire labéliser, soulignait : « En quelques années, on est passé de 0 à 5 millions d’hectares de forêt labellisée dans le bassin du Congo, ce qui équivaut à la surface de la Suisse. C’est encourageant d’autant que d’autres initiatives du même type sont mises en place ailleurs dans le monde. D’autre part, du fait de la prise de conscience des opinions face à cette problématique, les grands groupes de distributions se lancent peu à peu dans la labellisation FSC. Même les Chinois souvent pointés du doigt s’y mettent. » C’est donc nous, consommateurs, qui au final pouvons infléchir cette tendance. En favorisant la promotion de cette démarche, la Principauté a tout juste. Lors de cette première table ronde, des entrepreneurs notamment du milieu du yachting avaient été conviés, des pistes ont d’ores et déjà été évoquées. Affaire à suivre…
Plus d'infos : Dans le cadre de cette année de la biodiversité, se tient dans la Galerie des Pêcheurs l’exposition de Cyril Ruoso « La richesse des forêts tropicales ». Les deux photos illustrant cet article en sont tirées.