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09/02/10 - 17:12
Thon rouge : la proposition monégasque fait des vagues


Tout a débuté en janvier 2008. La Fondation Prince Albert II et le WWF s’associaient pour trois ans afin de préserver le thon rouge de l’extinction écologique. Au bout de deux ans, les résultats sont palpables en Principauté. Au niveau international, le Prince s’est lui-même engagé pour une interdiction du son commerce. Un combat de longue haleine mais pourtant urgent.



par Benoît Ulrich

A Monaco, le thon rouge est connu comme le loup blanc. Depuis 2008, de nombreuses manifestations et communiqués se sont succédés pour prévenir la disparition de cette espèce emblématique. La mode des sushis a tôt fait de transformer ce poisson en jolies tranches rouges sur fond de riz blanc, c’est pourquoi la Fondation Prince Albert II a crée un partenariat avec le WWF dès 2008. En Principauté, c’est avec MC2D que la Fondation s’est associée pour sensibiliser les restaurateurs monégasques. Objectif, consommation de thon rouge nulle !
Mais les chiffres publiés par plusieurs études sont alarmants et c’est à l’international que l’avenir du poisson se joue vraiment. C’est pourquoi le gouvernement a pris le relai en juillet 2009 et a proposé à la CITES, organisation affiliée à l'ONU chargée de la protection des espèces en danger, d’inscrire le thon rouge dans l’Annexe 1, c'est-à-dire d’interdire son commerce. Une solution radicale mais seule synonyme de sauvegarde selon les spécialistes. Si la proposition monégasque a suscité beaucoup de doutes, l’idée a finalement fait peu à peu son chemin. Le premier soutien vint du commissaire européen à l’environnement, qui ne fut pas suivi par les gouvernements, français notamment. Après plusieurs rencontres internationales et nouvelles études, les politiques ont semble-t-il évolué et sont plus enclins à étudier cette proposition avec attention. Le poids de l’opinion a dû aussi jouer un rôle car c’est finalement un symbole de la gestion des ressources de la planète qui est ici en jeu. Ainsi, après l’Italie, la France vient de faire un pas en acceptant l’interdiction même si elle y met des conditions. Une décision qui pourrait faire basculer la position de l’Union Européenne et qui fait suite à l’intervention du Pince sur le sujet : « «Je sais bien que l’industrie de la pêche fait pression sur les politiques, mais j’appelle la France et les autres pays à faire preuve de vision à long terme», avait déclaré le souverain au Parisien. Car au mois de mars, la CITES se réuni au Qatar. Et un jeu diplomatique fait de déclarations, arguments et contre-arguments, lobbying va se mettre en branle. Autant dire que le Japon, temple du sushi, n’est pas chaud-chaud pour inscrire le thon en Annexe 1. Dans une partie serrée où beaucoup de pays votent mais peu pêchent le thon, la décision finale va se jouer dans les couloirs. La Principauté, seule dépositaire de la proposition, se retrouve ainsi en première ligne d’un combat vital : selon les études présentées par les défenseurs de l’espèce, les stocks de thon rouge ont baissé en Méditerranée de 74,2% de 1957 à 2007, dont 60,9% au cours des dix dernières années. Dans l'ouest de l'Atlantique, les stocks ont même plongé de 82,4% de 1970 à 2007.







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