4900 kilomètres en 90 jours. Relier Paris au Cap Nord et vice versa. Une aventure pour certains, un défi pour d’autres. C’est le cas de Yves, 27 ans, frappé par la fatalité et paraplégique. Il n’empêche que se bonhomme va relever le défi en handbike. Rencontre avec un gars déterminé…
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Yves Néron-Bancel sur les terrasses des Thermes Marins
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A quelques jours du grand départ, le moral est bon ?
Dans la vie de tous les jours, ça va. Quand on commence à m’en parler, j’avoue que le stress monte peu à peu. Mais bon, grâce à la SBM je pense être bien préparé physiquement. Maintenant, pour être totalement honnête avec vous, dormir sous la tente un jour c’est marrant, trois mois ce sera peut-être un poil plus contraignant. Je sais que tout ne sera pas facile, loin de là. Entre la remorque que je vais devoir tirer, l’effort quotidien je vais voir si mon corps peut encaisser…
Une remorque ?
Oui, elle pèse environ 40 kg. Il y a tout le nécessaire pour dix jours environ : médicaments, vivres, mon fauteuil roulant, ma tente, mon appareil photo, mon ordinateur pour tenir à jour mon blog, bref il me fallait bel et bien une remorque !
Comment l’idée a germé en vous ?
C’est surtout une opportunité au niveau du temps. J’ai finis mes études, j’avais envie de bouger, de relever un défi. Au départ, j’en ai parlé un peu comme ça, puis mes amis m’ont suivi, puis j’ai commencé à coucher l’idée sur papier à partir de Noël. Et voilà je me retrouve ici à Monaco au Thermes Marins en train de parler d’un voyage de 4900 kilomètres.
Vous doutez ?
Oui et non. D’emblée je me suis toujours dis que si personne ne me suivait je le ferai quand même ! Aujourd’hui je suis entré dans un cercle vertueux qui fait que j’ai plus que je ne l’espérai au départ. Le doute vient surtout du mystère du corps humain, de ce petit pourcentage infime qui, sur place, peut vous faire échouer. On est à l’abri de rien…
Vous étiez cycliste ?
Pas du tout ! Lorsque j’étais valide je faisais du hockey sur gazon. Après mon accident de ski j’ai pratiqué le basket. Le vélo, c’est une grande première pour moi ! Disons que certaine prédisposition pour le sport, mais je ne suis ni cycliste, ni aventurier dans l’âme.
Le but d’un tel défi ?
Premièrement, c’est récolter des fonds pour l’ICM (recherches sur les maladies du cerveau et de la moelle épinière), une manière d’apporter ma pierre à l’édifice. Puis, comme toujours, c’est se prouver certaines choses, rencontrer des gens, apprendre encore et encore.
Que pense votre famille de tout cela ?
Je ne vais pas parler à leur place, mais je sais que lorsque j’ai commencé à en parler à mes parents, mon père m’a fortement conseillé d’aller plutôt chercher un boulot ! Il m’envoyait des offres par internet tous les jours. Puis quand ils ont vu que les sponsors étaient là, que les choses devenaient sérieuses, que voulez vous qu’ils disent ? Ils ont compris que je ne ferai pas autrement et que cette traversée compte beaucoup pour moi…
Plus d'infos :
www.handikapp-nord.org/